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Près de 4 000 apprentis en Occitanie pourraient perdre leur aide, selon la Région

La Région Occitanie chiffre à près de 100 M€ la perte liée à la fin des crédits d’État prévue dès 2027 et porte désormais le combat dans le débat budgétaire.

Corinne Lagarde Par Corinne Lagarde
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Près de 4 000 apprentis en Occitanie pourraient perdre leur aide, selon la Région
Photo d’illustration. En Occitanie, l’apprentissage mobilise près de cent lieux : des outils de menuiserie sur un établi illustrent le thème de la formation.

En bref

  • Des rassemblements ont eu lieu le jeudi 15 octobre dans les 13 départements d’Occitanie.
  • Apprentis, demandeurs d’emploi, entreprises, organismes de formation et élus ont répondu à l’appel de la Région.
  • La suppression des crédits a été annoncée fin juillet, sans concertation selon la Région.
  • Selon la Région, plus de 4 000 apprentis pourraient perdre leur soutien.

Près d’une centaine de lieux d’Occitanie ont accueilli, le jeudi 15 octobre, des milliers de personnes venues défendre l’apprentissage et la formation professionnelle, à l’appel du conseil régional.

Une mobilisation sur tout le territoire régional

Le profil des participants dit beaucoup de l’enjeu. Aux côtés de simples citoyens se trouvaient des jeunes en contrat d’apprentissage, des personnes à la recherche d’un emploi, des chefs d’entreprise, des représentants d’organismes de formation et des élus locaux. Tous avaient répondu à la même convocation, rapporte Le Journal du Gers : dénoncer ce que la collectivité présente comme un retrait financier de l’État, et réclamer le maintien des budgets consacrés à la formation.

Les participants ont fait part de leurs craintes face aux arbitrages du Gouvernement. Aucun département n’est resté à l’écart. À l’issue de la journée, la présidente de la Région, Carole Delga, a assuré que la collectivité poursuivrait la lutte avec l’ensemble des acteurs mobilisés, et a désigné la prochaine étape :

« Le combat se poursuit désormais dans le débat budgétaire. J’appelle les parlementaires à prendre leurs responsabilités et à défendre les moyens de la formation et de l’apprentissage. »

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie

Deux enveloppes supprimées dès 2027

À l’origine de la colère, une décision rendue publique à la fin du mois de juillet. Elle prévoit de supprimer, à partir de 2027, deux sources de financement : les crédits que l’État verse aux Régions pour l’apprentissage, et la part du Pacte régional d’investissement dans les compétences (PRIC) réservée à la formation des demandeurs d’emploi. La Région affirme n’avoir pas été consultée et évalue le manque à gagner à près de 100 M€ pour l’Occitanie.

Le calendrier aggrave, selon la collectivité, la portée de la mesure. Le chômage repart à la hausse, les transformations de l’économie multiplient les besoins de reconversion, et les employeurs rencontrent des difficultés de recrutement. Autant de raisons, pour la Région, de maintenir l’effort de formation plutôt que de le réduire.

Le financement régional de l’apprentissage avait d’ailleurs déjà fondu. Les recettes que la Région y consacrait atteignaient 15,2 M€ en 2025 ; elles ne s’élèvent plus qu’à 1,88 M€ en 2026. En douze mois, la chute atteint 88 %, avant même l’entrée en vigueur de la suppression annoncée.

Apprentis, chômeurs et campagnes en première ligne

La Région a détaillé les effets qu’elle anticipe. Il s’agit de ses propres projections, qui concernent d’abord les publics les plus dépendants de l’argent public pour se former.

10 000places de formation pour demandeurs d’emploi menacées en Occitanie
4 000jeunes apprentis, au moins, susceptibles de perdre leur soutien
200 à 250sessions de formation exposées à une fermeture
  • Pour les personnes sans emploi, la disparition de l’enveloppe du PRIC toucherait directement l’offre de places financées.
  • Pour les apprentis, l’arrêt des crédits régionaux pourrait signifier la fin des aides dont ils bénéficient.
  • Pour les territoires ruraux, la Région estime que ce sont eux qui concentreraient l’essentiel des sessions supprimées.

Le mouvement dépasse l’Occitanie : à l’échelle du pays, 58 % des centres de formation d’apprentis (CFA) envisagent déjà de renoncer à certaines filières. Ce débat sur les moyens de l’apprentissage faisait écho, fin août, au déplacement de Sabrina Roubache en Sarthe, où la ministre déléguée chargée de l’apprentissage avait appelé les entreprises à recruter des jeunes.

Illustration générée par IA