Fribourg : la loi sur la formation professionnelle refondue à l’unanimité des 95 voix
Le Grand Conseil fribourgeois a approuvé sans voix contraire la refonte de la loi de 2008 : mobilité, offre équivalente en français et en allemand, et CFC pour adultes sans diplôme.
Le Grand Conseil fribourgeois a approuvé sans la moindre voix contraire la refonte complète de la loi cantonale consacrée à l’apprentissage et aux filières professionnelles, dite LFP. Selon RTN, les 95 suffrages exprimés sont allés dans le même sens. Le texte remplace une loi qui datait de 2008.
En bref
- Selon RTN , les 95 suffrages exprimés sont allés dans le même sens.
- Sur le fond, la nouvelle loi facilite la mobilité entre cantons et avec l’étranger, et laisse davantage de place à la formation continue.
- Ces éléments restent donc à confirmer auprès des autorités cantonales.
Un débat ouvert un mardi, un vote le vendredi
D’après Blick, les députés ont entamé l’examen du projet un mardi. Le vote final est tombé un vendredi, comme l’indiquent RTN et La Télé. Le conseiller d’État Olivier Curty a défendu un projet arrivé devant le Parlement dans sa version dite « bis », issue du travail d’une commission ad hoc.
Les débats n’ont pas été vifs. Les deux médias régionaux notent que tous les élus se sont finalement ralliés aux atouts de la formation duale, c’est-à-dire de l’apprentissage partagé entre l’entreprise et l’école.
Pourquoi remettre la loi à jour
Pour justifier la refonte, le gouvernement fribourgeois met en avant un marché du travail qui bouge. Blick relaie son diagnostic : la numérisation, une mobilité professionnelle plus grande et l’évolution démographique placent les personnes actives et les entreprises face à des situations nouvelles.
« La formation professionnelle constitue l’un des facteurs clés de succès de notre économie »
Olivier Curty, conseiller d’État
L’objectif affiché est de réunir des « conditions optimales » pour que le secteur aborde les années à venir en rapprochant l’offre de la réalité du terrain. Côté technique, le texte met à jour quelques articles ainsi que des modalités concrètes d’application de la loi et de son règlement.
Ce travail suit la « Vision 2030 » pour la formation professionnelle, définie pour l’ensemble de la Suisse. Cette feuille de route poursuit quatre buts :
- encourager l’apprentissage durant toute l’existence ;
- assouplir l’offre de formation ;
- rendre la filière professionnelle plus attrayante ;
- améliorer la gouvernance du système.
Mobilité, bilinguisme et adultes sans diplôme
Sur le fond, la nouvelle loi facilite la mobilité entre cantons et avec l’étranger, et laisse davantage de place à la formation continue. Elle inscrit aussi noir sur blanc le principe d’une offre équivalente en français et en allemand. Le Conseil d’État rattache ce choix au bilinguisme fribourgeois et à l’idée de langue partenaire, qu’il décrit comme une « composante essentielle de la formation professionnelle fribourgeoise ».
Un volet concerne les adultes qui n’ont pas de formation professionnelle de base. Ils pourront viser un certificat fédéral de capacité, le CFC, en faisant valider les compétences qu’ils ont déjà acquises plutôt qu’en repassant par un apprentissage complet.
Les rares points qui ont fait discuter
Le soutien aux jeunes en difficulté a suscité le débat le plus net, d’après La Télé. Dans sa première version, le Conseil d’État ne prévoyait qu’un simple service de médiation ; les commissaires y ont ajouté la faculté d’appeler des spécialistes. La députée socialiste Françoise Savoy, présidente du Grand Conseil l’an dernier, souhaitait aller plus loin en introduisant des travailleurs sociaux en milieu scolaire.
« Environ 20% des jeunes ne vont pas bien »
Françoise Savoy, députée PS
Son amendement a pourtant été rejeté nettement. Elle a en revanche obtenu de justesse qu’un principe figure au chapitre de la prévention : reconnaître chacun dans sa diversité.
Vincent Pfister, rapporteur de la commission et élu du Centre Gauche, a cité la santé, tant physique que psychique, ainsi que la mobilité et la reconnaissance. Il a aussi souligné l’importance « systémique » de la branche, tout en jugeant qu’il n’y a pas de « chamboulement ». De son côté, le député du Centre Markus Julmy a loué le système dual, mais s’est inquiété de l’attrait de Berne sur les apprentis singinois.
Ces 2300 certificats annuels ne tiennent pas compte des personnes déjà qualifiées qui se lancent dans une formation continue ou dans un cursus professionnel supérieur.
Les articles consultés ne précisent ni la date d’entrée en vigueur de la nouvelle loi ni son coût. Ces éléments restent donc à confirmer auprès des autorités cantonales.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : JoachimKohler-HB. Licence : CC BY-SA 4.0.
