Apprentissage, l’Occitanie redoute 100 millions en moins
Les recettes régionales consacrées aux apprentis ont fondu de 88 % en un an, et la collectivité saisit les parlementaires avant le budget 2027.
En bref
- Fin juillet, l’État a annoncé la suppression dès 2027 de crédits pour l’apprentissage et la formation des chômeurs, sans concertation selon la Région.
- Au niveau national, la Région affirme que 58 % des CFA envisageraient de fermer certaines filières.
- Les lieux de rassemblement sont recensés sur le site régional sous l’intitulé « Sauvons nos apprentis ».
La Région Occitanie a lancé sa contre-offensive le jeudi 1er octobre à Toulouse, en réunissant apprentis, CFA et entreprises pour défendre des financements qu’elle voit disparaître en 2027.
Le rendez-vous s’est tenu à la Maison de l’Orientation de Toulouse-Bellefontaine. Autour de la table, une table ronde consacrée à l’avenir de l’apprentissage et de la formation professionnelle, avec des jeunes en alternance, des organismes de formation, des centres de formation d’apprentis et des employeurs. Marie Castro, vice-présidente régionale chargée de la formation professionnelle, y représentait la présidente Carole Delga. Selon La Semaine des Pyrénées, la collectivité présente cette rencontre comme le point de départ d’une mobilisation collective.
Deux lignes budgétaires dans le viseur
Deux financements sont visés. D’un côté, les crédits que l’État verse aux Régions pour l’apprentissage. De l’autre, l’enveloppe du Pacte régional d’investissement dans les compétences (PRIC) qui sert à former les demandeurs d’emploi. Leur disparition est programmée dès 2027.
La Région replace cette décision dans un contexte qu’elle juge défavorable : un chômage reparti à la hausse, des transformations économiques qui multiplient les besoins de reconversion et des entreprises qui peinent à recruter. Carole Delga ne mâche pas ses mots dans un communiqué.
« C’est une décision incompréhensible et irresponsable ! »
Carole Delga, présidente de la Région Occitanie
La présidente de Région, qui défend la formation comme « un investissement pour notre avenir », estime que des milliers de parcours professionnels seraient fragilisés par ce retrait.
Ce que la Région chiffre pour l’Occitanie
Les estimations avancées par la collectivité donnent la mesure de ce qu’elle redoute. Il s’agit de projections régionales, présentées au conditionnel.

La collectivité a déjà vu fondre une partie de ses ressources. Le tableau ci-dessous compare, sur deux exercices, ses recettes affectées à l’apprentissage.
| Année | Recettes de la Région pour l’apprentissage |
|---|---|
| 2025 | 15,2 millions d’euros |
| 2026 | 1,88 million d’euros |
Autre conséquence envisagée par la Région : entre 200 et 250 sessions de formation pourraient fermer. Elle situe l’essentiel de ces fermetures dans les territoires ruraux, là où l’offre de proximité compte le plus pour les stagiaires qui ne peuvent pas se déplacer vers les grandes villes.
Un courrier aux élus et une journée dans les territoires
La riposte régionale passe par deux leviers, tous deux tournés vers l’examen du projet de loi de finances 2027. Le premier est un courrier adressé aux parlementaires. Carole Delga l’a cosigné avec dix grands acteurs de l’apprentissage et de la formation, pour demander aux députés et sénateurs de défendre ces financements pendant le débat budgétaire.
Le second levier visait la rue. Pour le 15 octobre, la Région avait programmé des événements populaires dans près d’une centaine de lieux répartis sur son territoire. L’appel s’adressait à un public large : citoyens, apprentis, demandeurs d’emploi, entreprises, organismes de formation et élus. Le déroulé de cette journée est détaillé dans notre article sur les rassemblements du 15 octobre.
Pour les apprentis et les candidats à une reconversion, l’enjeu est concret. Les crédits du PRIC financent des places en formation pour les personnes inscrites comme demandeurs d’emploi, tandis que les crédits d’apprentissage soutiennent les jeunes en alternance. C’est sur ces deux publics que la Région concentre son argumentaire auprès des parlementaires.
Photo : Andrea Piacquadio / Pexels
