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Fribourg réécrit sa loi sur la formation professionnelle

Le Grand Conseil fribourgeois remplace un texte de 2008, sans voix contre. Soutien aux jeunes, adultes visant un CFC et coût des cours : ce que la réforme aborde.

Corinne Lagarde Par Corinne Lagarde
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Fribourg réécrit sa loi sur la formation professionnelle
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Vendredi, le Grand Conseil fribourgeois a adopté la révision totale de la loi sur la formation professionnelle (LFP). Le vote s’est fait à l’unanimité des 95 voix exprimées, comme le rapporte RTN. Le nouveau texte remplace celui de 2008.

En bref

  • Le vote s’est fait à l’unanimité des 95 voix exprimées, comme le rapporte RTN .
  • Il a aussi mentionné la santé physique et psychique, la mobilité et la reconnaissance.
  • Les sources consultées ne précisent pas si cette mesure figure dans le texte finalement adopté.

Une refonte adoptée sans grand débat

Les députés ont retenu la version « bis », issue des travaux de la commission ad hoc. Le dossier est porté par le conseiller d’État Olivier Curty. Selon RTN, il n’a pas suscité de longues discussions, car les élus se disaient convaincus des qualités de la formation duale, qui associe l’entreprise et l’école.

Les changements visent à réunir les « conditions optimales » pour positionner la filière face aux défis à venir, avec une offre plus proche du terrain. Ils s’inscrivent dans la Vision 2030 de la formation professionnelle, un cadre établi en commun pour l’ensemble de la Suisse. Cette feuille de route veut stimuler l’apprentissage tout au long de la vie, rendre l’offre de formation plus souple, renforcer l’attractivité de la voie professionnelle et améliorer sa gouvernance.

D’après La Télé, la révision doit favoriser la mobilité entre cantons et à l’étranger, inscrire dans la loi une offre équivalente en français et en allemand, en vertu du bilinguisme fribourgeois, et soutenir la formation continue. Le Conseil d’État rappelle que le marché du travail est en pleine mutation : numérisation, mobilité croissante et évolution démographique posent de nouveaux défis aux actifs comme aux entreprises. Sur le plan technique, certaines dispositions sont aussi mises à jour.

Olivier Curty a insisté sur le poids de la filière, qu’il a décrite comme « l’un des facteurs clés de succès de notre économie ». À Fribourg, 2300 jeunes décrochent chaque année un certificat de formation professionnelle initiale, un chiffre qui ne comprend pas les personnes déjà formées qui se lancent dans une formation continue ou supérieure. Le rapporteur de la commission, le député du Centre Gauche Vincent Pfister, a évoqué l’importance « systémique » du secteur, tout en précisant qu’il n’y a pas de « chamboulement ». Il a aussi mentionné la santé physique et psychique, la mobilité et la reconnaissance.

Jeunes en difficulté et attrait de Berne

Le soutien aux jeunes en difficulté a été discuté. Dans sa version de départ, le Conseil d’État ne prévoyait qu’un service de médiation, et la commission a ajouté la possibilité de recourir à des spécialistes. Françoise Savoy, députée socialiste qui a présidé le Grand Conseil l’an dernier, proposait d’aller plus loin avec des travailleurs sociaux en milieu scolaire. Elle a rappelé qu’environ 20 % des jeunes ne vont pas bien. Son amendement a été nettement refusé, mais elle a obtenu de justesse l’ajout, dans le volet consacré à la prévention, de la reconnaissance d’autrui dans sa diversité.

Le député du Centre Markus Julmy s’est inquiété de l’attrait exercé par Berne : un tiers des apprentis singinois choisit de quitter le canton de Fribourg. Il a toutefois salué le système dual.

Adultes sans diplôme : le CFC et le prix des cours

La révision prend en compte la situation des adultes sans formation professionnelle de base qui veulent décrocher un certificat fédéral de capacité (CFC) en faisant valider leurs compétences acquises. Le média Frapp, qui a suivi l’ouverture des débats mardi, s’est intéressé à une mesure examinée à cette occasion : la gratuité de certains cours théoriques pour les adultes en emploi qui visent un CFC dans un autre domaine. Ces personnes n’ont pas le statut d’apprenti et paient aujourd’hui leurs cours.

Dans le canton, ces cours sont actuellement facturés 150 francs par unité et par année. Le total peut vite atteindre plusieurs milliers de francs, et monter jusqu’à environ 3500 francs pour certains candidats dont l’employeur ne participe pas aux frais. Certains employeurs prennent en charge tout ou partie de la dépense, d’autres non.

Frapp décrit une classe de l’École professionnelle commerciale de Fribourg, où une dizaine d’adultes se retrouvent chaque semaine pendant trois heures, après leur journée de travail, pour se préparer aux examens du CFC d’employé de commerce. Chaque année, une centaine d’adultes environ se présentent dans cette situation aux examens qui concluent la formation. D’après les autorités cantonales, ils seraient plus nombreux si les frais cessaient d’être un obstacle, et la gratuité alignerait Fribourg sur ce que pratique la majorité des cantons suisses. Les sources consultées ne précisent pas si cette mesure figure dans le texte finalement adopté.

Frapp rappelle enfin, en citant une étude de la Confédération, que continuer à se former rapporte : dix ans après le diplôme, les personnes concernées gagnent entre 400 et 1300 francs de plus par mois que celles qui n’ont pas suivi de formation supplémentaire.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : JoachimKohler-HB. Licence : CC BY-SA 4.0.